Loulou

Loulou
Acrylique sur toile 102X143 cm, 60X40‘‘,
Année 2012. VENDU.


Nous avions mes amis artistes Michel T. Desroches, Gilles Vallée et moi (je signais RHEIN à l’époque) organisé une exposition pluridisciplinaire avec le désir de sensibiliser le public à la maladie d‘Alzheimer.
Notre exposition a été vue en 2013 au CHUM, hôpital Notre-Dame et dans le service Stop Alzheimer de l‘hôpital Douglas.

L‘histoire :

Loulou était vieux, mais pas tant que ça. Avant d‘être malade, il aimait la mer, les voitures anciennes, sa femme, ses copains et ses petits enfants. Du jour au lendemain, il a glissé à toute vitesse dans une réalité qui n‘était pas la notre. Il disait des trucs bizarres, entendait des voix, était certain que des voleurs voulaient entrer par la porte-fenêtre du premier étage, celle qui donnait sur la piscine. Des bêtes dégoutantes grimpaient sur les murs de la maison, se faufilaient sous les meubles.
Cet après-midi dans le salon, la mer était mauvaise, assis dans le gros fauteuil anglais, Loulou était inquiet, ses longues mains agrippaient avec force les accoudoires rembourés. Il essayait de tout son corps de stabiliser une embarcation secouée par une mer déchainée. Le temps avait tourné trop rapidement. Il fallait rentrer au port sans attendre. Tous les bons marins savent que les tempêtes en méditerranée sont imprévisibles. Dangereuses. Loulou était de ceux-là. Un vrai bon marin !
Après l‘exposition, j‘ai animé tous les lundis après-midi jusqu’à il y a deux mois, des ateliers de peinture dans le service de gériatrie du CHUM. Durant sept ans, j’ai apporté mes couleurs à l’hôpital, ces patients m‘ont rendus leurs souvenirs, une humanité dégagée de conventions sociales. Ils m‘ont appris qu‘à l‘infinie fragilité de notre condition la seule réponse possible était l‘amour. Un amour délivré de la raison.
L‘expérience a été douloureuse et belle à la fois. Drôle souvent. Merveilleuse.

Hôpital Notre-Dame
vidéo Alliah productions

L’enfant métis

L’enfant métis

Série des icônes païennes
tempéra et feuille d‘or sur toile
51X41 cm 20 X 16‘‘
année 2019
550 $

J‘ai souvent peint ‚des mariages mixtes. L‘homme était noir et la femme blanche.

L‘histoire :

Quelques années avant de mourir ma grand-mère maternelle m‘a confiée avoir eu une relation amoureuse durant la guerre, avec un soldat américain noir.
Cette histoire, c‘est terminée par un drame horrible. Il m‘a fallu du temps, un travail de recomposition et d‘analyse pour comprendre que cet événement m‘avait marqué et toute notre lignée, au fer rouge.

À cette époque (1942-1945), en Algérie, une relation entre une jeune mère mariée à un officier à la guerre, avec un soldat américain de surcroit noir n‘était absolument pas envisageable.

L‘enfant métis n‘est pas né. Ma grand-mère a été mise au banc d’une certaine société et rejetée par sa famille.

Mais que ce serait-il passé si elle avait eu la force d‘assumer ? Le scandale ! Elle aurait divorcé, aurait été écartée de sa famille (c’est arrivé tout de même). Un enfant serait inévitablement né. La vie aurait était ailleurs, autrement . Ma mère qui a cette époque était née, aurait parlé anglais et francais. Je serais née en Amérique

Bon enfin… j‘ai peint cet enfant. l‘enfant métis. La seule réponse à la haine. La folie. Le racisme.
Le seul a être l‘avenir de l‘Homme.

Entre chien et loup tous les chats sont bleus


Entre chien et loup tous les chats sont bleus
Huile sur toile 61x46cm, 24X18 »
Année 2016
700 $

J’ai mis une nouvelle peinture dans la vitrine, celle d’hier a été vendue.

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 »Entre chien et loup tous les chats sont bleus »
Été 2016.
Lui et moi sommes dans mon atelier, minuscule véranda, construite de bric et de broc. La véranda était comme ma vie. Elle prenait l’eau, ne retenait ni la chaleur, ni la fraicheur, était suspendue au-dessus d’une ruelle oubliée, jungle urbaine, poubelles éventrées. Face arrière de la rue Ontario.
Lui, l’homme qui aime les livres et les chats. Sage. joie imperturbable.
j’ai peint.
Surtout, ne pas oublier l’arbre rouge qui bouffait la terrasse bancale ; le vieux chat malade à bout de vie qui se refugiait sur ses genoux. Le temps, mal défini par l’amour.
Sol instable, je m’accrochais à lui. Il était sourd à toutes les promesses d’effondrement. Ses jambes plantées à la terre absente. Il me montrait la patience. J’apprenais. L’échafaudage-terrasse a tenu.
Chat bleu. nuit. jour. lumière. ombre. vert. arbre rouge. soleil et lune mélangés. Donner du sens, équilibre, formes, couleurs. Juste, ne pas oublier.

Mes icônes païennes

En rangeant l’atelier, j’ai trouvé quatre morceaux de bois d’érable que Bruno s’était procuré il y a une vingtaine d’années avec l’idée de prendre des cours d’icônes. Il en a fait une. Un Saint Michel, je crois. Je manque de culture religieuse, (surtout d’expérience en ce qui concerne les saints). 

Que faire de quatre morceaux de bois secs, de 28 X 18,5 cm et d’1 cm d’épaisseur ? Des icônes ! 🙂

La technique originelle est la tempera à l’œuf qui consiste à mélanger le jaune de l’œuf préalablement lavé, débarrassé de son germe et émulsionné à l’eau aux pigments en poudre.

J’ai trouvé les pigments nécessaires chez Kama Pigments au 7442 de la rue St-Hubert, le plus beau magasin de vente de matériel d’Artistes de Montréal. Ils ont aussi un service de vente en ligne : https://www.kamapigment.com/

Alors la tempera ?
Elle porte bien son nom, elle demande patience et dextérité. Le temps de séchage rapide peut poser problème pour dégrader ou fondre les couleurs. Par contre, on peut revenir en glacis ou en flaque sur les aplats et avoir des effets surprenants.
En séchant (c’est normal) les pigments deviennent ternes, ils ressuscitent avec le vernis. 

La technique de l’icône

Érable  ou autre bois dur et sec
j’ai préparé les supports avec six couches d’un mélange de blanc de Meudon et de Gesso.
Préparation du liant à l’œuf
Un rouge neutre pour commencer
Et voilà la première
Les païennes,
tempera et feuille d’or sur bois, 28X18,5 cm

Elles sont à vendre au prix de 500 dollars l’une.

Femme, à un détail près

Ce livre est un recueil d’images et de mots. Il comprend  huit récits autobiographiques illustrés de mes œuvres sur ma condition d’artiste, de femme, de mère et d’immigrante. Il est édité au Québec, Canada par : La Compagnie à Numéro

la main d’Emmanuel
Indien, où es-tu ?

Vous pouvez vous le procurer à l’Atelier-Librairie, le livre voyageur, 2319 rue Bélanger, H2G1C9 Montréal.

et sur le site d’Amazon.ca https://www.amazon.ca/Femme-d%C3%A9tail-pr%C3%A8s-Fabienne-Roques/dp/2981508849/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1546809682&sr=8-1&keywords=fabienne+roques