Le nu

Quitte à montrer,  il faut tout montrer.
Quitte à dire, il faut tout dire.

La figure humaine a été à la base de mon apprentissage du dessin pour devenir une véritable passion, l’articulation de toutes mes réflexions, le corps même de mon travail.
J’ai appris les proportions. J’ai dessiné, comme un musicien fait des gammes : une main, un pied, un visage et cela conjugué à tous les temps de l’humain : l’homme, la femme, l’enfant.

Je me suis débarrassée des contraintes techniques qu’après les avoir acquises et totalement visualisées. En me passant de modèle je pu librement déconstruire, tordre, fragmenter … mon sujet. C’est seulement à ce moment là que je considère avoir véritablement commencé à peindre.

J’affirme aujourd’hui que je peins la figure humaine, uniquement par amour de la vie. Je suis un corps. Je connais ses faiblesses et son étrange force. Je sais,  pour avoir assisté dans leurs derniers moments tant de personnes que la fin de ce  corps est irrémédiable. J’aime regarder les gens, je les trouve parfaits, inquiétants parfois, mais toujours beaux quelques soient leurs âges, leurs sexes, leur état de santé.
Alors, un peu comme une prière, comme l’hommage à la vie de celui qui ne fait que passer, je peins de l’humain.

Les natures mortes, paysages, marines ne sont qu’accessoires, décors de théâtre pour mettre en scène des personnages et provoquer l’émotion, la mienne d’abord. La tienne peut-être. Car la représentation du corps provoque toutes sortes de sentiments. Elle nous touche dans ce que nous avons de plus sensible, nous-mêmes.

Pour cela, j’ai peur de la naïve pudibonderie,

des tristes religions,

du très chic Art Contemporain.

On a mille fois prédit la mort de la peinture. L’Art contemporain et ses serviteurs continuent à la railler, à la rabaisser, à la galvauder. C’est de bonne guerre ! Tout le monde sait que la bête-peinture est indestructible, elle mourra avec le dernier souffle du dernier humain.

Depuis un siècle, on nous sert ad nauseam, l’Urinoir de Duchamp. Ce qui était une plaisanterie au départ, devait devenir le linceul de la peinture à l’huile. Duchamp même, fut surpris par le succès de son installation.
Cent ans après, l’Urinoir continue à faire des petits (j’entends encore le rire de Duchamp) et à ouvrir dans le meilleur des cas des champs de réflexion, dans le plus mauvais des champs de spéculation. La peinture reste la peinture, comme toujours.

Pour finir, il y a bien longtemps, un ami artiste m’a dit que de cacher ou d’éviter de peindre les organes génitaux était manque de courage.   Bien d’accord !

L’humain doit rester complet dans sa représentation.
Quitte à montrer il faut tout montrer.
Quitte à dire il faut tout dire.

Peindre le corps, rien n’est plus enthousiasmant !

 

En vrac, quelques nus de ces dernières années.

 

 

 

Un commentaire sur « Le nu »

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